Humanitaire | Ajouté le 28.04.2011 à 02H13
L’immigration est au cœur des discussions, tant en France qu’en Italie et en Europe.
Il y a d’abord l’immigration clandestine, pourquoi l’accepter ? Elle est par définition illégale et doit être unanimement refusée.
Mais j’aimerais insister sur ceux et celles qui viennent de Tunisie. Je ne comprends pas ! Auparavant asservis par un dictateur, ils sont désormais libres et la Tunisie a besoin d’eux.
Étaient-ils plus libres avant ? La France, comme les autres pays européens, va accorder des millions d’euros à la Tunisie pour qu’elle retrouve la voie du développement.
Alors d’un côté il faudrait que nous accueillions les dizaines de milliers de Tunisiens devenus libres et que de l’autre nous les aidions financièrement pour la reconstruction de leur pays ?
Soyons raisonnables et ne versons pas dans la démagogie stupide. Quant à l’Italie, accepte-t-elle les règles communautaires ? Il est trop facile de recevoir les Tunisiens et ensuite de les faire
passer en France. Soyons humains, cela est nécessaire, mais ayons le courage de dire la vérité.
L’immigration légale est quant à elle nécessaire mais peut-on interdire à la France d’en fixer le nombre ? Où serait alors notre souveraineté ? Nous n’avons pas à nous faire dicter notre
politique par des illusionnistes ou par des démagogues. Je suis bien entendu favorable à l’ouverture de notre pays mais avec raison. N’instrumentalisons pas l’immigration comme le font le Parti
socialiste et le Front National.
Enfin, les révolutions arabes vont, je l’espère, entrainer une démocratisation nécessaire. Il faudra aider ces nouveaux Etats (ceux qui en auront besoin). En revanche, si le seul signal que nous
leur apportons est celui de l’immigration subie, ils ne comprendraient pas.
L’idéal est le co-développement, la coopération et pas l’immigration qui retirerait à ces pays leurs forces vives.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre de la Coopération
Député de Paris