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Quand la France réduit son déficit en aidant ses banques

Quand la France réduit son déficit en aidant ses banques

Le Point.fr - Publié le 06/05/2011 

Contrairement à une idée reçue, le soutien aux banques n'a pas coûté un centime. Au contraire, il a permis de réduire le déficit.

Quand la France réduit son déficit en aidant ses banques

L'État a fait une bonne opération en prêtant aux banques. © Pirard / Sipa

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"L'État verse des centaines de milliards d'aide pour les banques, mais les caisses sont vides quand il s'agit de financer les services publics." Ce sentiment s'est largement propagé dans l'opinion depuis l'avènement de la crise financière, notamment après la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers en septembre 2008. De nombreux Français ont l'impression que le gouvernement a dépensé sans compter pour voler au secours d'établissements financiers pourtant responsables de la déroute de l'économie.

En réalité, le soutien de la France à ses banques n'a pas coûté un centime au contribuable, contrairement à ce qui s'est passé dans de nombreux pays européens, selon des chiffres compilés par Eurostat. L'opération lui a même permis de réduire légèrement son déficit budgétaire de 0,1 point de 2008 à 2010, toujours selon Eurostat. "L'aide temporaire aux banques françaises pendant la crise a rapporté 2,39 milliards d'euros au budget de l'État, soit le gain financier le plus élevé de l'Union européenne", s'est même félicitée la Fédération bancaire française.

 

Des intérêts élevés

Comment expliquer un tel décalage entre ce constat et l'idée répandue selon laquelle l'État a accordé des cadeaux aux banques ? Le gouvernement a sans doute été victime de sa propre communication. Pour restaurer la confiance au plus vite dans le système bancaire, il a annoncé dès octobre 2008 qu'il avait mis sur la table la somme astronomique de 360 milliards d'euros. En fait, il s'agissait simplement du montant qui aurait pu être mobilisé si cela s'était avéré nécessaire. L'essentiel de la somme (320 milliards) pouvait être levé sur les marchés pour accorder des prêts remboursables avec intérêts aux banques qui rencontraient des problèmes de liquidités. 77 milliards d'euros seulement ont été effectivement levés jusqu'au 7 octobre 2009, via la Société de financement de l'économie française (SFEF), date à laquelle le soutien s'est arrêté.

Sur les 40 milliards restants qui pouvaient être mobilisés pour renforcer le capital des banques, l'État n'a effectivement investi qu'un peu plus de 20 milliards d'euros. Une aide directe, mais accordée en échange d'un taux d'intérêt important, de 8 %. En février 2011, l'intégralité des fonds avait été remboursée.

 

La zone euro passe à la caisse

Un succès qui permet à Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, de souligner dans un communiqué "la pertinence des mécanismes choisis par le gouvernement pour soutenir le secteur bancaire français au coeur de la crise". C'est en partie vrai seulement. Car les banques françaises avaient souvent mieux résisté à la crise que leurs concurrentes européennes. Pour les préserver de la faillite, l'État n'a donc pas été contraint d'autant les renflouer.

Dans l'ensemble de l'Union européenne, le sauvetage des banques a coûté 67 milliards d'euros depuis 2007, 0,1 % du PIB en 2008 et 2009, puis 0,4 % du PIB en 2010, rapporte Eurostat. L'Irlande est le pays le plus touché avec une augmentation du déficit de 20,7 % du PIB en 2010. Le déficit allemand s'est, lui, creusé de 0,8 % du PIB entre 2008 et 2010. Dans l'ensemble de la zone euro, le déficit s'est creusé de 0,5 % en 2010 après 0,1 % en 2009. Seul le Danemark a réduit son déficit de manière plus importante que l'Hexagone grâce au plan d'aide à ses banques. Le Royaume-Uni a récupéré 0,3 % du PIB sur la période 2008-2010.

Par Marc Vignaud
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