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Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

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République Solidaire: Une naissance sous le sceau de la contradiction

Dominique de Villepin a enfin franchi le Rubicon le 19 Juin 2010 en lançant son mouvement, République Solidaire, à la Halle Freyssinet. Revendiquant l’héritage gaulliste et chiraquien, l’ancien hôte de Matignon a délivré un discours électoraliste manquant cruellement d’épaisseur… 

Villepin se présente en héritier

Dans une salle plutôt remplie (environ 4000 personnes), le bleu se mêlait au rouge comme au bon vieux temps du RPR. L’atmosphère était plutôt bon enfant, Manu Chao résonnant même à plusieurs reprises dans l’enceinte. Mais l’entrée en matière fut pourtant des plus laborieuses. Durant plus de deux heures, aux tables rondes improvisées succédaient des clips visant à renforcer la mythologie villepiniste.

Mais lorsque Dominique de Villepin fait son entrée sur la scène, l’atmosphère monte forcément d’un cran. Dans un discours offensif aux accents fatalement gaulliens, l’ancien hôte de Matignon réveille la salle. L’ancien Premier Ministre balaye d’un revers de main la réflexion récurrente qu’on lui adresse, celle de n’avoir jamais été élue, en endossant le bilan de Jacques Chirac. Sa légitimité ? Il la puise dans ce legs historique. Se présentant comme l’héritier du chiraquisme mais aussi du gaullisme, il s’estime en mesure de « reprendre le flambeau… pour incarner une certaine idée de la France ». Dans la défense de son bilan personnel à Matignon, il n’esquive cependant pas « l’échec du CPE » et estime « en avoir tiré les leçons »…

Les hommages répétés à Jacques Chirac tout au long du meeting sont d’ailleurs des signes qui ne trompent pas. L’ombre de l’ancien Président planait en permanence au dessus de l’évènement. Avant le début du meeting, j’ai pris le temps d’observer avec attention l’attitude d’Hugues Renson, conseiller aux affaires intérieures de Jacques Chirac. Il semblait véritablement au cœur de l’organisation logistique. Ayant pu discuter quelque peu avec lui, il m’a confirmé que sa présence pouvait être interprétée comme un signe de soutien de Jacques Chirac. Autre présence remarquée, celle d’un Azouz Begag, tout sourire. Quand je l’interroge sur son engagement au Modem, il me répond : « J’ai toujours été villepiniste, je suis dans ma famille ici. Un rapprochement entre Bayrou et Villepin, est toujours possible selon moi… »

Le parti des abstentionnistes

Dans la lignée de ses précédentes sorties (Bondy, Mantes la Jolie…) , Dominique de Villepin a axé son discours en direction de cette France qui ne vote plus. Dès le début du meeting, des personnalités issues des banlieues et du monde associatif prennent la parole. Le ton est donné. Ça sera le fil conducteur du meeting.

Dominique de Villepin se mue en porte-parole des sans voix et le formulera d’ailleurs très clairement dans son discours : « Il faut imaginer un mouvement qui ira à la rencontre des Français et en particulier de tous ceux qui sont orphelins de la République »..

Pour séduire les quartiers, Dominique de Villepin s’appuie sur son fait d’arme : le non à la guerre en Irak en 2003. Mais il multipliera également dans son discours les appels du pied en direction des français issus de la diversité : critique du débat sur l’identité nationale, défense de l’égalité des chances, prise de position pour la création d’un Etat Palestinien…

Dans la défense de l’égalité républicaine Dominique de Villepin endosse son meilleur rôle et délivre une partition plutôt réussie : « N’oublions pas, parmi les enfants de notre pays, les fils et petit-fils d’immigrés. On voudrait qu’ils renoncent à une partie d’eux-mêmes, comme expulsés de leur propre vie. Mais ce serait réduire leur identité, alors qu’ils peuvent être fiers de ces histoires, de cette histoire qu’ils portent en eux. Là encore, c’est d’abord de reconnaissance qu’il s’agit. Reconnaissance de leur existence et du lien si personnel qui les attache à la France. » Des références à Senghor à celles d’Aimé Césaire, le natif de Rabat, pourfend la politique assimilationniste et défend une France pluriculturelle et pluriethnique.

Malheureusement, le reste du discours de Dominique de Villepin fut moins authentique, moins marquant également. Récitant des platitudes, recourant parfois à la démagogie, il a axé l’essentiel de « son programme » sur un bilan-critique du sarkozysme. Affirmant pourtant que son mouvement n’était pas créé « contre quelqu’un », il a néanmoins pris le temps d’énumérer tous les erreurs de son adversaire de toujours (le discours de Dakar, le mot « Karcher », l’ouverture, la méritocratie…). Il n’adressera qu’une seule pique à l’égard de la gauche qui n’a selon lui, pour unique « projet qu’une société de l’impôt et de l’assistance », réservant toutes ses flèches au curare pour le Président actuel.

Peu convaincant sur le plan économique, son discours manquait cruellement d’épaisseur et de propositions pour véritablement être crédible. Dominique de Villepin semblait pris dans ses contradictions : entre son antisarkozysme et son envie de faire de la politique autrement, entre ses envolées souverainistes et ses convictions fédéralistes, entre son pragmatisme libéral et ses intonations socialisantes…

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