Quand la France est en guerre, il est nécessaire que tous, je
dis bien tous, soient derrière notre armée. Qu’il s’agisse des élus, de droite comme de gauche, qu’il s’agisse des citoyens. Nos soldats risquent leur vie. Certains vont peut-être même tomber
au combat. Il est hors de question qu’il y ait une voix dissonante.
Bien entendu, des questions peuvent être posées : pourquoi une telle précipitation alors que cette guerre était prévue depuis des mois et des mois ? L’ONU en
discutait, la CEDEAO, l’Union africaine, l’Europe, mais la France se trouve seule. Il faut évidemment que les pays étrangers, occidentaux, africains, se mobilisent. L’enjeu est fondamental. Il
s’agit ni plus ni moins de lutter contre le terrorisme international. Je dis bien international car le Mali est peut-être la zone ou le point de fixation, mais les terroristes d’al-Qaïda,
d’Aqmi, d’autres encore, sont présents dans tous les pays du monde.
Ils ont comme objectif d’instaurer partout un islam intégriste qui n’a rien à voir avec l’islam prôné par les modérés. Ils tuent, ils pillent, ils violent. Si les
tenants de la démocratie, aussi bien en Afrique, au Maghreb, en Occident, ne disent rien, ces terroristes gagneront rapidement la guerre. J’appelle tous les musulmans modérés, en particulier
les imams de France, à dire clairement qu’ils condamnent ces terroristes pour lever toute ambiguïté.
Je n’ai, quant à moi, aucune arrière-pensée vis-à-vis de ces hommes et de ces femmes de confession musulmane qui vivent chez nous. Mais il serait bon qu’ils
prennent position. Beaucoup sont Français et doivent être derrière l’armée française. D’autres sont étrangers vivant chez nous et ils doivent prendre position. Ce n’est pas une guerre comme une
autre. Ce n’est pas une simple opération de maintien de l’ordre. Il en va de la sécurité et de l’équilibre du monde entier.
Ces terroristes ont une puissance de nuisance extraordinairement forte, profitant bien entendu de notre faiblesse, mais aussi de la crise qui perturbe les âmes et
les cœurs. Dans de telles situations, il est fondamental de montrer l’union du pays et surtout l’union de ses enfants.
J’appelle le gouvernement français à resserrer les rangs, à éviter de profiter de cette guerre pour faire passer des mesures contestables sur d’autres sujets. Il
est un moment pour les discussions, les oppositions idéologiques, mais il est aussi venu le moment de l’union nationale. Chacun doit faire un effort pour éviter que des fractures d’un autre
genre puissent venir casser cette union.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre de la Coopération
Député de Paris