Le nouvel architecte a lui-même reconnu qu’il serait évidemment plus facile de construire un hôpital en périphérie de la ville (cf. OF du 16/07/2010) et que très peu d’hôpitaux étaient
actuellement construits en zone urbaine.
Cette localisation en centre-ville lui fait ainsi dire qu’il y a « un nouveau modèle d’hôpital à inventer », qui permettrait de mêler étroitement la vie urbaine et le bâtiment
hospitalier. N’est-on pas en train de se tromper complètement de logique ? Il faudrait adapter l’hôpital au projet d’urbanisme du maire de Nantes, plutôt que de le concevoir en ayant
d’abord à l’esprit l’organisation des soins et l’agencement des plateaux médicaux !
Selon Marcel Smets, le modèle du CHU « porte-avions » serait ainsi abandonné au profit d’une « flotille » de petits bâtiments éparpillés sur l’île. Ici et là l’on commence à décrire
officieusement ce schéma sous le terme pudique d’ « hôpital modulaire ». Un tel schéma, où l’hôpital devrait se faire discret pour laisser la place à la ville, ferait perdre tout son
sens au projet médical initial de regroupement des structures. Sait-on par exemple qu’actuellement, les équipes médicales de l’Hôtel-Dieu ont déjà parfois recours aux équipes du SAMU
pour transporter les patients d’un bout à l’autre du bâtiment ?
Le projet initial de regroupement des structures de soins, autour d’une offre de transports structurée par une ligne de tram, devient donc au fil des semaines un projet d’hôpital
diffus, éparpillé sur l’île, avec une simple ligne Chronobus pour seule desserte.
Notons enfin que le coût de ce projet de transfert, estimé initialement à 300 millions d’euros, se chiffre maintenant à 1,2 milliard d’euros, puisqu’il faut déménager deux
établissements de soins (Hôtel-Dieu et Laënnec) vers un troisième site – actuellement occupé par le MIN - sur l’île de Nantes. Et ce d’autant qu’il est maintenant question de déménager
dans un second temps le Centre de Lutte contre le Cancer René Gauducheau, actuellement situé à proximité immédiate de l’hôpital Nord.
Après tout, Monsieur le Maire, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi faire économique quand on peut dépenser plus d’un milliard d’euros ? Pourquoi informer et
débattre quand on peut décréter et imposer ?
Laurence Garnier et les élus du groupe Ensemble pour Nantes ne renonceront pas à leur demande d’une étude comparative précise et chiffrée d’un transfert de la totalité du CHU sur le
site de l’hôpital Nord, qui semble présenter autant d’avantages que l’île de Nantes présente d’inconvénients (foncier disponible, accès route, prolongement de la ligne de tram,
désengorgement du centre-ville, etc.).