PARIS — Une trentaine de députés UMP, membres du "Collectif parlementaire pour la liberté d'expression",
ont apporté jeudi leur soutien au journaliste Eric Zemmour, jugé depuis mardi pour provocation à la haine raciale, en dénonçant un "procès d'Ancien régime".
"Sous couvert de racisme, on prétend faire taire un journaliste qui exprime une opinion, qu'elle soit vraie ou non, parce qu'elle dérange", déclarent dans un communiqué les 28 signataires parmi
lesquels Lionnel Luca, Bernard Debré, Françoise Hostalier, le vice-président de l'Assemblée Marc Le Fur, Jacques Myard et Christan Vanneste.
"Ce procès en dit long sur la dérive qui conduit à bâillonner la liberté d'expression par les tyranneaux de la pensée unique de l'antiracisme. Avec ce procès, c'est Voltaire qu'on enterre, lui
qui affirmait +ne pas partager l'opinion de son contradicteur mais vouloir se battre pour qu'il l'exprime+", ajoutent les élus UMP.
La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui figure parmi les plaignants dans cette affaire de diffamation et provocation à la haine raciale, a dénoncé jeudi leurs
déclarations.
"N'en déplaise à ce collectif, ce n'est ni aux élus, ni aux représentants de la société civile de fixer les limites de la liberté d'expression et de dire le droit mais bien à la justice de notre
pays", souligne l'association dans un communiqué.
"Les seules limites que pose la Licra à la liberté d'expression, ce sont celles des lois qui protègent nos concitoyens et garantissent +le vivre-ensemble+", poursuit-elle.
Eric Zemmour, journaliste du Figaro et chroniqueur dans plusieurs émissions de télévision, a été cité en justice pour diffamation et provocation à la haine raciale par SOS Racisme, la Licra, le
Mrap, l'UEJF et J'accuse.
Les cinq associations ciblent des propos tenus sur Canal+ et France Ô le 6 mars 2010, quand il a affirmé que "la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un
fait".