Le Conseil de Paris a décidé de nommer une rue « Mohammed Bouazizi », du nom de ce jeune homme qui s'est immolé par le feu en Tunisie pour protester contre
l'autoritarisme et la tyrannie de Ben Ali en février dernier. Elle a été inaugurée il y a quelques jours.
Sans critiquer, au contraire, cette révolution, première du genre, qui laisse planer un espoir sur la démocratie dans les pays arabes, je suis surpris de ce vote
proposé au Conseil de Paris, adopté à l'unanimité. Pourquoi ce nom ? A-t-on oublié les dizaines de militaires français tombés en Afghanistan ? Eux aussi sont morts pour tenter d'imposer la
démocratie, pour lutter contre le terrorisme international, laissant une veuve, des enfants orphelins, sur un théâtre d'opérations extérieures.
A toujours vouloir regarder ailleurs qu'en France, dans un néo-tiers-mondisme de mauvais aloi qui veut se donner bonne conscience. Ce phénomène est désastreux car au
lieu de célébrer notre pays, ses fils, ses actions, nous les oublions.
Cette attitude relève également du traitement médiatique des informations. Alors que nous « célébrions » dans l'allégresse la libération de nos deux compatriotes
Stéphane Taponnier et Hervé Ghesquière, dont je me réjouis à titre personnel, mais libération qui n'a pas été sans révéler un certain malaise et des polémiques, un soldat français, dans son
cercueil, descendait les Champs Elysées, pour rejoindre saint-Louis des Invalides où était célébré son office funèbre, dans l'indifférence de tant et tant, alors même qu'un tel hommage était
inédit.
Finalement, ces « enfants » de France sont tombés pour rien parce que la Nation ne sait ni s'en souvenir, ni les glorifier.
La Mairie de Paris a-t-elle honte de la présence de l'armée française en Afghanistan ? Nicolas Sarkozy, chef des armées n'a pas ces scrupules, Dieu merci, lorsqu'il
est venu visiter nos soldats en Afghanistan.
Je suis mal à l'aise ! Comment peut-on vouloir honorer les « héros » étrangers sans penser aux nôtres ? C'est vrai que les socialistes ont toujours fait cela
!
Ce message est un simple billet d'humeur, avant les vacances. C'est un simple appel à se souvenir de notre armée, la veille de la Fête nationale, ne rompons pas ce
lien « Armée-Nation », il est vital. Cette « simple plainte » va à contre-sens du « bien penser » mais je n'exclus pas de déposer un voeu au Conseil de Paris pour qu'une rue commémore les soldats
français tombés en Afghanistan.
Bonne Fête nationale !
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris