De jour en jour, les critiques fusent, sont amplifiées et même des menaces sont proférées. Je suis
l’objet de cette ire parce que j’ai critiqué DSK, crime de lèse majesté.
Petit retour en arrière. Ceux qui aujourd’hui critiquent ont été bien muets quand les journaux attaquaient Nicolas Sarkozy : « le voyou de la République », « il faut qu’il parte », « cet homme
est dangereux », « faut-il qu’il voit un psy? », j’en passe et des meilleures. Non, personne n’a réagi! Au contraire, les donneurs de leçons avaient un sourire en coin, ils jubilaient presque. On
a le droit d’attaquer un homme de droite, il est interdit de dire la même chose d’un homme de gauche.
Qu’ai-je dit de grossier? Que DSK avait de l’argent et qu’il était mal venu qu’il critique ceux qui en ont? N’a-t-il pas attaqué Hervé Gaymard, alors Ministre de l’Agriculture, parce qu’il avait
fait louer un appartement dont le loyer était élevé (pour loger ses 6 ou 8 enfants)? DSK avait aussi attaqué de nombreux hommes de droite parce qu'ils étaient riches, il a participé avec
ses lieutenants à accréditer la thèse du « bling bling » en parlant de Nicolas Sarkozy.
Il n’est donc pas question de lui retourner ses critiques, il est irréprochable puisqu’il est de gauche.
Quant à sa relation avec les femmes, il est interdit d’en parler même si le livre « sexus politicus » y consacre un chapitre, même si son adjointe au FMI qui en a fait l’expérience dit « qu’il
est inapte à être à la tête du FMI, à cause de ses rapports avec les femmes ». Elle le dit dans une lettre publique, c’est sa vie, c’est son choix.
Mais quand son penchant est révélé publiquement et que DSK ne dément (« sexus politicus » date de 2007…) il faut se taire.
Bien évidemment, j’ai réagi vite (trop vite?), mais le problème actuel est de savoir s’il y a eu une relation consentie ou imposée avec la femme de chambre du Sofitel. C'est désormais parole
contre parole ; même si la femme de chambre s’est avérée douteuse et loin d’être irréprochable.
Oui j’ai dit, comme les socialistes l’ont dit de Nicolas Sarkozy, « disparaissez », gros mot?
Il est interdit de critiquer, même vivement, la gauche qui est restée morale, moralisatrice, intouchable tandis que la droite est immorale, interdite de parole.
Pardonnez-moi d’avoir dit ce que je pense un peu fortement d’un homme, adversaire politique, qui est maintenant devenu oie blanche, irréprochable.
Les journalistes en ont fait leurs choux gras, souvenez-vous des unes des journaux affichant complaisamment DSK menotté, détaillant sa prison, sa nouvelle maison, son loyer etc.…Tout y est passé…
Si aujourd'hui ces mêmes moralisateurs se sentent un peu morveux, est-ce à cause de mon article sur mon blog?
Oui, d’ailleurs j’ai retiré cet article car mon site était attaqué par de nombreux visiteurs, j’ai eu 10 menaces de mort… Belle démocratie!
Attention, la gauche n’aime pas la vérité, même si elle est fortement dévoilée! Les fils de 1968 avaient pourtant affirmé qu’il était interdit d’interdire!
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris