Il veut nous faire croire qu’il mène à Washington une politique de gauche « au service des peuples et de la croissance » (Pierre Moscovici)
et que, sous sa houlette, le FMI a été admis au club de l’internationale socialiste… Ses porte-flingues, Moscovici, Cambadélis, Le Guen nous disent à longueur de journée qu’il n’y a pas
même l’ombre d’une feuille de papier à cigarette pour séparer la politique de DSK au FMI et le programme du PS… Personne n’est dupe : la vérité, c’est que DSK
entre en collision frontale avec le programme du PS !
1) Le programme du FMI de DSK est incompatible avec celui du PS.
Redressement des finances publiques
- CE QUE PROPOSE LE PS : Repousser à 2015 les engagements européens de la France sur la maîtrise du déficit.
- CE QUE PROPOSE LE FMI POUR LA FRANCE : La France doit se concentrer sur l’objectif de réduire le déficit à moins de 3% du PIB en 2013. C’est crucial pour éviter une dynamique insoutenable de la dette.
Évolution des dépenses publiques
- CE QUE PROPOSE LE PS : En début de mandature, la progression, hors inflation, toutes dépenses publiques confondues sera de 1,7 %.
- CE QUE PROPOSE LE FMI POUR LA FRANCE : La contrainte sur les dépenses de l'Etat, y compris la réduction d'effectif et un gel des dotations aux collectivités sont importantes.
Règle budgétaire
- CE QUE PROPOSE LE PS : Lutter contre les déficits, c’est une affaire de volonté politique, non d’obligation constitutionnelle.
- CE QUE PROPOSE LE FMI POUR LA FRANCE : Il est recommandé d’adopter une règle budgétaire sur le déficit structurel inscrite dans la constitution.
Non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite
- CE QUE PROPOSE LE PS : La politique de non-remplacement d’1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite (…) asphyxie les collectivités locales qui représentent 2/3 de l’investissement public du pays.
- CE QUE PROPOSE LE FMI POUR LA FRANCE : La réduction des effectifs de l’Etat a été compensée par les recrutements au niveau local. L’arrivée de nombreux fonctionnaires locaux à l’âge de la retraite après 2010 offre l’occasion d’étendre le non-remplacement d’1 fonctionnaire sur 2 aux collectivités.
Retraite à 60 ans
- CE QUE PROPOSE LE PS : « Nous rétablirons l’âge légal à 60 ans et engagerons la réforme des retraites, fondée sur des garanties collectives, permettant des choix individuels et assurant l’avenir des régimes par un financement du 1er au dernier euro »
- CE QUE PROPOSE LE FMI POUR LA FRANCE : Le recul de l'âge de départ en retraite est le meilleur outil pour réformer les systèmes de retraite. Augmenter l'âge de départ de 2 ans accroît la croissance d’1 point à moyen terme, de 4,5 points à long terme, et réduit le ratio dette/PIB de 30 points sur la période.
Salaire minimum
- CE QUE PROPOSE LE PS : Le SMIC est un levier pour améliorer les conditions de vie des plus modestes stimuler la consommation. Sa revalorisation sera engagée.
- CE QUE PROPOSE LE FMI POUR LA FRANCE : La modération du SMIC doit être poursuivie pour aider les travailleurs non qualifiés à retrouver un travail et réduire la part des salariés au SMIC.
2) Demandez aux Grecs ou aux Irlandais s’ils pensent que la politique du FMI est au « services des peuples
» !
a) Un plan drastique de redressement en Grèce
La Grèce a bénéficié d’un prêt de 110 milliards €, dont 30 milliards accordés par le FMI. En échange, la Grèce a dû garantir des « mesures de redressement » :
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Augmentation de la TVA de l’ordre de 2 points (elle est déjà à 21%)
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+10% pour les taxes sur le carburant, le tabac et l’alcool
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Suppression des 13ème et 14ème mois de salaire des fonctionnaires. Cela représente jusqu’à 300 euros de salaire en moins par
mois.
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Passage de l’âge de départ à la retraite à 67 ans.
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Accélération des privatisations, sous la pression du FMI, pour récolter de l’argent frais et réduire la dette du pays. On aurait même
suggéré à la Grèce de vendre certaines des plages de son littoral à des groupes privés...
► Ce qu’en disent les Grecs : « M. Strauss-Kahn n'est pas une vierge, c'est un homme politique
expérimenté, il veut se débarrasser du problème grec» en vue d'une candidature présidentielle en France (Michalis Chryssohoidis, ministre de l'Economie).
► Ce qu’en dit DSK : « Nous soutenons vigoureusement le programme économique annoncé par le gouvernement grec.» « Les
nouveaux programmes du FMI, et je pense à la Grèce en particulier, ont été construits de telle manière qu’on revienne à l’équilibre mais que cela se fasse en protégeant les plus démunis,
les plus vulnérables.»
► Ce qu’en dit le PS : « Nous soutiendrons l'aide à la Grèce, mais pas le plan d'austérité »
b) L’austérité en Irlande
Le FMI a accordé en décembre 2010 un prêt de 22,5 milliards d'euros à l’Irlande. En échange, l’Irlande s’est engagée à des mesures draconiennes :
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Réduction de 2,8 milliards € d'ici 2014 des dépenses de la sécurité sociale
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Augmentation de la TVA de 21% à 23% d'ici 2014
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Création d’une facturation de l'eau.
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Baisse de 12% du salaire horaire minimum
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Baisse de 4% des salaires des fonctionnaires. Les nouveaux entrants dans la fonction publique seront payés 10% en moins que leurs collèges.
► Ce qu’en disent les Irlandais : « l’Eire n’est pas à vendre, pas au FMI » (slogan des
manifestations anti-austérité) et le taux d’intérêt fixé par le FMI initialement à 6,7%, puis ramené à 5,8% est jugé «punitif » car plus élevé que celui de la Grèce (5,2%)…
► Ce qu’en dit DSK : « le plan national de redressement (…) présente un dosage approprié de mesures liées aux recettes et
aux dépenses et préserve le dispositif de protection sociale auquel l’Irlande est attachée »
► Ce qu’en dit le PS : Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire candidat aux primaires « Je ne suis pas
d’accord avec ce que fait le FMI. Faire payer aux braves gens irlandais qui n’ont rien à voir avec la responsabilité du système bancaire tel qu’il s’est écroulé, et faire payer à
l’ensemble du système européen l’irresponsabilité du système bancaire est une grave faute. »
► Comment DSK peut-il expliquer contre toute évidence que ses programmes « protègent les plus démunis les plus vulnérables » ou « préservent la protection sociale » ?
c) Imaginons un seul instant ce que cela donnerait si DSK appliquait les mêmes recettes à la France qu’à
l’Irlande…
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Le SMIC mensuel brut passerait de 1344 euros à 1182 euros.
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Le salaire de tous les nouveaux embauchés de la fonction publique chuterait de 10%
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200.000 emplois publics seraient supprimés,
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Il y aurait 30 milliards € d’impôts nouveaux pour fournir des fonds propres aux banques
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Les indemnités de chômage et les allocations familiales seraient abaissées
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Une taxe serait appliquée sur la consommation d’eau…
► Qui au PS assumerait de signer ce programme aux côtés de DSK ? Personne ! Et d’ailleurs, les socialistes ne se privent pas de le dire
!
3) Les socialistes et les alliés du PS sont les premiers à dénoncer le double jeu de DSK !
Chez les socialistes :
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Benoît Hamon, porte parole du PS : « Strauss-Kahn fait chier de faire de telles déclarations [sur le recul de l’âge de
départ à la retraite à 60 ans], en plus d'être à Washington à la tête du FMI. » « Il est loin de la France, il ne respire pas les molécules de l'atmosphère que nous respirons.
(…) Est-il solidaire et compatible avec ce que fait le PS ? » Et relevant l’absence de DSK lors des manifestations du 1er mai : « C'est dommage. J'adorerais que le FMI
demande à tout patron du FMI de devoir manifester le 1er mai, c'est-à-dire le jour de la fête du Travail. Ce serait génial»
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Marie-Noëlle Leinemann, candidate PS aux sénatoriales à Paris : « il est
extrêmement difficile d’aller expliquer qu’on mène une politique en tant que patron du FMI qui ne correspond pas à ses convictions personnelles ».
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Henri Emmanuelli, député PS des Landes : « Si le FMI ne lui convient pas, moi je
constate qu'on a du mal à trouver un successeur à M. Trichet. Moi je verrais bien Dominique Strauss-Kahn président de la Banque centrale européenne. » « Les orientations de DSK font
problème à gauche, y compris dans le PS d'ailleurs. Je comprends en revanche qu'il ait les sympathies de la droite ».
-
Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand : «
DSK n'est pas un socialiste. C'est un libéral qui s'habille des plumes du socialisme.»
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Ségolène Royal, candidate aux primaires : « Le FMI n’a pas changé, après les cures d’austérité
imposées en Afrique et en Amérique latine. En Grèce comme ailleurs il applique la même méthode : abaissement des salaires, démantèlement de la protection sociale,
augmentation des taxes. »
Chez les Verts. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts : « non, je ne veux
pas voter pour un directeur du FMI » « J'ai du mal à penser qu'on pourrait brutalement changer d'orientation, en tous cas de manière d'envisager la politique
économique et d'intervention sur les questions financières ou monétaires aussi rapidement »
Au Front de gauche et au Parti communiste :
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Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche : «Quand on est socialiste aller
voter pour le FMI, c’est quand même pas ce qu’il y a de plus naturel », DSK est un « affameur des peuples » qui « serre le kiki à toute
l’Europe ».
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Pierre Laurent, numéro 1 du PC : si « la ligne actuelle imposée par le FMI »
s’imposait « comme étant la ligne du PS » quel que soit son candidat, cela « poserait un certain nombre de problèmes » pour 2012.
4) Et l’ambiguïté du positionnement de DSK est renforcée quand on sait que le Think tank social-démocrate
Terra nova propose pour gagner que le PS abandonne les classes populaires !
Terra nova n’y va pas par 4 chemins : « la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs, elle ne peut
plus être comme elle l’a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche. La volonté pour la gauche de mettre en œuvre une stratégie de classe
autour de la classe ouvrière, et plus globalement des classes populaires, nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c’est-à-dire de rompre avec la social-démocratie. »
(Synthèse du rapport de Terra nova « GAUCHE : QUELLE MAJORITE ELECTORALE POUR 2012 ? », p.6.)