Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle
| Envoyer |
|
victimes de l'attentat du 31 octobre contre la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, et exprimé son émotion, il y a une semaine, après l'attaque contre une église d'Alexandrie, en Egypte. Mais la compassion, si nécessaire soit-elle, ne fait pas une politique. Qu'est-ce que la France compte entreprendre pour aider les chrétiens d'Orient ? Michèle Alliot-Marie - Depuis quelque temps, nous assistons au déroulement d'une stratégie de la terreur qui semble vouloir chasser les chrétiens d'Orient des pays dans lesquels ils vivent depuis toujours. Cette logique ne s'inscrit pas dans la tradition de ces pays : en terre arabe, les étrangers, ce ne sont pas les chrétiens, ce sont les terroristes. Les deux Etats dans lesquels se sont produits les derniers attentats sanglants, l'Irak et l'Egypte, sont d'ailleurs dotés d'institutions et de gouvernements qui affirment la liberté d'expression pour toutes les religions. Les actions terroristes dirigées contre les chrétiens visent donc aussi ces Etats. Je me suis entretenue ici même de ces questions avec le patriarche d'Antioche, il y a trois semaines. Dans les pays à majorité musulmane frappés par le terrorisme islamique, les autorités chrétiennes sont soucieuses que le soutien et l'aide matérielle que nous pouvons apporter ici, dont elles nous sont reconnaissantes, ne se transforme pas en incitation à l'exil : les chrétiens d'Irak sont chez eux en Irak, les chrétiens d'Egypte sont chez eux en Egypte. Ceux qui se sentent menacés doivent pouvoir bénéficier du droit d'asile, évidemment, mais cette réponse, de notre part, ne peut être que ponctuelle. Concernant les chrétiens d'Orient, il est temps d’aller au-delà de l’émotion et des actions ponctuelles pour définir une vraie stratégie et des réponses globales. - Lesquelles? - Pour nous, l’antichristianisme est aussi intolérable que l’antisémitisme ou l’anti-islamisme. Il est urgent d’agir. La semaine prochaine, à l'occasion du Forum pour l'Avenir qui se tiendra à Doha, au Qatar, je compte lancer un appel à la tolérance et au respect mutuel entre les trois religions monothéistes. Ce forum regroupe les pays du G8 et ceux du grand Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Il me parait le lieu propice pour faire passer ce message de tolérance et de respect général de la religion, qu'elle soit chrétienne, juive ou musulmane. Je vais commencer une tournée dans le Maghreb, au Moyen-Orient et dans le Golfe, où je veux porter aussi cette idée de tolérance et de respect de liberté de conscience et de liberté religieuse. Ce n’est pas seulement une question de principe. C’est dans la pratique quotidienne que des résultats doivent être obtenus. Il importe aussi que l'Union européenne s'exprime fortement et concrètement en la matière. J’ai saisi Catherine Ashton, haut représentant de l'Union pour les Affaires étrangères, en liaison avec plusieurs de mes homologues européens, notamment mon collègue italien Franco Frattini. Je demande que le problème de la sécurité des communautés chrétiennes du Moyen-Orient soit inscrit à l'ordre du jour de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, le 31 janvier à Bruxelles. Je souhaite, au demeurant, qu’il ne soit pas simplement question des chrétiens d'Orient, mais, plus généralement, du respect de toutes les minorités religieuses. C'est extrêmement important, car il faut éviter que les récents actes terroristes n'entraînent une stigmatisation à rebours.
- Mais concrètement, que peuvent faire les Européens ? - Les Européens doivent étudier ensemble comment contribuer très concrètement, avec les Etats concernés, à la sécurité des chrétiens dans les pays dans lesquels ils vivent. Dans le nord de l'Irak, par exemple, la zone kurde abrite un grand nombre de chrétiens qui s'y sont réfugiés depuis 2003. Ils sont environ 50 000. Dans un cas comme celui-ci, l'Union européenne ne pourrait-elle pas aider les autorités locales à faire face à cet afflux, de façon à ce que les réfugiés soient le mieux accueillis possible ? |