Beaucoup se posent la question de savoir si Dominique de Villepin se
présentera à l'élection présidentielle en 2012. Qui a vu, qu'avant cette élection se tiendrait son procès en appel ?
Voici le scénario que j'imagine : En Mars ou Avril 2011, avant son jugement, il va annoncer sa candidature. Articles dans les journaux, conférences de presses, bref
comme on dit aujourd'hui un « buzz » formidable.
Quelques semaines plus tard, l'audience devant les juges.
Imagine-t-on une seconde qu'il puisse être condamné ? Imagine-t-on qu'il soit déclaré inéligible ? La presse du monde entier criera au scandale. En France, un homme
politique, blanchi en première instance, se verrait interdit de candidature. Nous serions comparés aux régimes soviétiques d'antan, à des régimes iniques où, pour éliminer un candidat, on lui
jette une procédure dans les jambes. Les juges ne le condamneront donc à l'évidence pas.
Avec un non lieu définitif, le voici revigoré. Il aura alors deux solutions : continuer à vitupérer contre Nicolas Sarkozy avec une force renouvelée, et aller vers
la candidature mais je n'y crois pas car il sait qu'il fera un score trop modeste pour ne pas dire ridicule pour son sens du panache. L'alternative serait de tendre la main à Nicolas Sarkozy et
demander un « poste » après les élections dont il dira qu'il a été « un des acteurs importants ». « Sauveteur de la droite » contre un éventuel score du F.N. et de Marine Le Pen qui, sans lui,
aurait pu dépasser Nicolas Sarkozy. (Les voix qui, dira-t-il, auraient pu se porter sur son nom auraient amputé le score de Nicolas Sarkozy et le résultat aurait placé Nicolas Sarkozy derrière
Marine Le Pen.
Derrière cette « ambition », ce serait pour lui un grand soulagement que d'avoir été blanchi. Rien de plus. Cette histoire est triste, elle est inutile et risque de
brouiller un plus notre camp.
Pr. Bernard Debré
Ancien Ministre
Député de Paris