Le drame a eu lieu, les deux otages français enlevés par Aqmi (Al Quaidi au Magrheb islamique) au Niger
ont été exécutés.
Deux jeunes qui venaient en Afrique apporter leur cœur pour aider les populations. Deux morts, deux familles détruites. Des barbares islamiques sans aucun humanisme, sans aucune valeur humaine
ont résolmument semé la désolation de une petite ville du Nord de la France, Linselles.
Voici la nouvelle guerre déclarée par ces islamistes qui ont trouvé la façon la plus cruelle de la mener, contrevenant à toute loi, à toute morale.
La communauté mondiale demeure bien faible devant de tels actes. Engager l’armée ? C’est la mort des otages. Négocier ? C’est encourager la poursuite de cette guerre.
Nous la subissons aujourd’hui, sans véritablement prendre l’offensive. Faut-il continuer comme ça ? Ne faudrait-il pas, avec les pays du Sahel, mener des opérations planifiées, ratissant le
désert, couplant les armées terrestres et aériennes, utilisant aussi bien des drones que des satellites dédiés pour cette guerre. Il faudrait pour ce faire avoir l’aval des pays concernés, c’est
peut-être le plus difficile. La question lancinante du cout de telles opérations s 'élève alors. Mais quel prix accorde-t on à ces vies brisées ?
L’Algérie, qui a été aux prises avec les islamistes, les a expulsés au delà de ses frontières, ou repoussés dans l'extrême Sud du pays, les laissant mener leurs activités criminelles ailleurs. Le
Mali ferme les yeux…
Mais surtout, il faudrait que les autorités islamiques de tous les pays au monde s’accordent pour mener cette guerre contre le terrorisme. Est-ce possible ? Malheureusement, je ne le crois pas,
car à la base de tout il y a le laxisme devant les trafics (drogues, voitures, armes…) bien lucratif, pour certains. C’est ce mélange de la contrebande et de l’islamisme qui est terrifiant.
Les ports et les routes là-bas sont incontrôlés, des milliards d’euros circulent sans contrôle.
Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Le nombre d’otages ne cesse d’augmenter révélant au monde musulman notre faiblesse. Ce monde souvent en rupture de ban, ici dans nos banlieues, ailleurs dans
ses pays. Notre faiblesse est interprétée comme le signal que chacun peut tout faire : l’Occident est trop faible pour réagir.
S’il faut regarder l’histoire du monde, ces épisodes ressemblent à la fin de l’Empire romain. Adieu nos valeurs polies par des centaines d’années de civilisation, par des siècles de Lumières,
nous ne serons plus capables de les défendre. A la décadence d'une civilisation succédera sa chute.
En Afghanistan, la guerre de la coalition s’embourbe sans victoire et dans quelques années les armées partiront sans gloire, laissant les Talibans revenir en maître, en Irak après une expédition
menée au nom de ces valeurs, la guerre civile fait toujours rage. Qu’avons nous fait ?
Quant à l’ONU où est-elle ? Engluée dans des bavardages stériles, n’est-il pas normal que les Français soient pessimistes ?
Sans une véritable remise en question de notre politique mondiale, sinon européenne, les Islamistes gagneront cette guerre. Il est temps de réagir, au nom de la liberté et d’une certaine idée de
l’homme.
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre de la Coopération
Député de Paris
Membre du Comité consultatif national d'éthique