"Je n'entretiendrai pas une polémique qui n'a pas lieu d'être", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse en marge du sommet.
"La justice est saisie, qu'elle fasse son travail, voilà. Qu'on n'essaie pas de coller dessus des commentaires politiciens qui ne sont vraiment pas à la hauteur de la douleur des familles qui ont perdu leurs proches. C'est ça la seule chose qui compte", a-t-il ajouté.
"Le ministre de la Défense (Alain Juppé) comme moi-même nous sommes décidés à ce que tous les documents qui sont demandés soient communiqués en temps et en heure. A ma connaissance aujourd'hui, pas un document n'a été refusé", a poursuivi le chef de l'Etat.
"Le minimum de dignité, c'est de respecter la douleur des familles. Ces familles veulent la vérité. Pourquoi y a-t-il eu ces attentats ? C'est ça qui compte et que la justice fasse son travail et naturellement l'Etat aidera la justice en communiquant tous les documents", a-t-il insisté.
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L'attentat de Karachi en mai 2002
Les faits, les suites, l'enquête sur Wikipédia -
Chirac et Villepin éclaboussés
Les familles de victimes vont déposer plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui" -
Sarkozy et Chirac entendus ?
Un ex-ministre a révélé des faits de corruption jusqu'en 1995 -
Claude Guéant s'insurge
Il dénonce les "insinuations" visant Nicolas Sarkozy
Parmi les documents qui intéressent les juges figurent les échanges entre les membres du Conseil constitutionnel au moment de la validation des comptes de campagne d'Edouard Balladur, en 1995.
A l'époque, les rapporteurs avaient conclu au rejet de ces comptes, dans lesquels apparaissaient de fortes sommes en espèces. Un avis non suivi par le Conseil, alors présidé par Roland Dumas, qui les avait finalement validés.
Le juge Renaud Van Ruymbeke, chargé d'une enquête pour faux témoignage et entrave à la justice dans l'affaire de l'attentat de Karachi, avait sollicité le 25 octobre auprès de Jean-Louis Debré la communication du contenu des échanges entre les Sages.
Mais ce dernier a opposé au juge une fin de non-recevoir, "en raison du secret qui s'attache aux délibérations". Selon lui, seul le gouvernement peut donner accès à ces documents.
Dans ce dossier aux multiples ramifications, la justice soupçonne l'attentat de Karachi en mai 2002, qui avait coûté la vie à 14 personnes dont 11 Français, d'être lié à l'arrêt par Jacques Chirac du versement de commissions promises au Pakistan par le gouvernement Balladur, dont Nicolas Sarkozy était ministre du Budget, en marge de la vente de sous-marins.
Des familles de victimes de l'attentat ont annoncé leur intention de porter plainte contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée.
Vendredi, ce dernier a justifié le choix fait à l'époque par le président français par de "très forts soupçons de rétrocommissions".
Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a aussitôt répliqué, sans toutefois citer le nom de Dominique de Villepin, par un communiqué de deux pages dans lequel il dénonce des "insinuations" visant Nicolas Sarkozy dans une affaire qui ne le "concerne en rien".
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