Pourquoi Jean-Pierre Chevènement ne s’est-il pas présenté aux primaires ? Peut-être savait-il qu’il
n’avait aucune chance de l’emporter. Peut-être sait-il qu’il n’a toujours aucune chance de l’emporter à l'élection présidentielle. Alors pourquoi se présente-t-il ?
Il aurait pu pendant les primaires et les deux mois qui ont permis aux socialistes de s’exprimer tellement longtemps, qu’il aurait pu donc présenter ses idées, aborder les questions qui lui
tiennent à cœur. Non ! Il a refusé l’obstacle.
Il va essayer de trouver 500 signatures, il ne les trouvera vraisemblablement pas ! Alors ?
Il s’agit d’une action à visée purement médiatique pour faire parler de lui ou peut être pour dire à François Hollande : « J’existe enore un peu et j’aimerais que ceux et celles qui me
soutiennent puissent être bien considérés surtout en cas de victoire ». Mais c’est bien sûr ! Voilà encore les magouilles de gauche, des écologistes qui veulent au moins 15 sièges, les
mélanchonistes qui dans peu de temps devant les piètres résultats qu’ils feront, demanderont, exigeront, s’il vous plaît, des postes ! On verra fleurir les demandes, les exigences, les
supplications, les menaces même et nous retomberons dans ce qu’on appelle la IVième République. C’est vrai elle était si belle pour les politiques qui pouvaient virevolter d’une majorité à
l’autre, d’une idée à l’autre tout en gardant leur siège.
Mais il y a malheureusement pire ! François Hollande cédant une nouvelle fois à ces extrêmes, (si jamais il était élu) instaurera la proportionnelle.
Et Montebourg nous parle de VIème République ? Ce serait la IVième vraisemblablement en pire. Pire, oui, car à l’époque l’Europe n’existait que de façon embryonnaire et finalement les incartades
de la France passaient presque inaperçues mais maintenant l’Europe se construit qu’on le veuille ou non et une France ingouvernable risquerait fort soit de contraindre l’Europe à nous imposer des
choix que nous n’aimerions pas, soit de discréditer cette construction européenne.
Oui, la candidature de Jean Pierre Chevènement est un des stigmates de la mauvaise compréhension du devoir politique. Je m’étonne d’ailleurs de le voir ainsi prêter le « flanc » à ces manigances.
Lui qui apparaissait, apparaît encore, comme un homme droit, honnête, solide dans ses convictions, se laisse aller à ces petits calculs.
Quelle est triste la gauche quand elle est en dehors de la réalité.
Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris