Les socialistes depuis plusieurs mois ont annoncé, écrit et voté un programme semble-t-il, à leurs yeux,
parfait !
Outre le fait que même sans crise économique il était d’une rare indigence, actuellement il n’est plus du tout d’actualité et même totalement à côté de la plaque !
En effet, sans crise économique les socialistes avaient, comme d’habitude, décidé d’augmenter les dépenses de l’État. 60 000 fonctionnaires à l’éducation nationale, 300 000 emplois jeunes, une
rémunération pour les enfants et les adolescents de moins de 26 ans « le salaire jeune », le maintien d’un senior à l’embauche d’un jeune. Toutes ces mesures et tant d’autres auraient coûté des
sommes folles, invraisemblables.
Mais voici la crise qui s’étend, se renforce et oblige tous les pays du monde à revoir leur politique. Les socialistes ont mis du temps à le comprendre. Ils ont hésité, ils hésitent encore même
si certains d’entre eux disent que ce programme n’est plus d’actualité. Il est très intéressant (en tout cas révélateur) que les primaires aient été basées sur ce programme qui ne vaut plus
rien... François Hollande doit nous présenter un nouveau programme : la bonne nouvelle ! Il serait temps ! A l’écouter ces dernières semaines, j’ai les plus grandes craintes car l'alternative est
limitée :
-Ou bien il ment, fait de la démagogie politique et promet monts et merveilles aux Français en sachant parfaitement bien qu’il ne pourra pas tenir ses promesses mais c'est la tentation
électoraliste…
Ou bien il dit la vérité, et il n’a que peu de marge de manœuvre si ce n’est aucune vu le dogmatisme de ses petits camarades.
Nous sommes dans un monde globalisé avec des pays européens endettés et quoi que l’on puisse dire : il faudra bien rembourser ces dettes. Alors, entre le mensonge et la vérité que choisira
François Hollande ? Que choisiront les socialistes ? J’ai la plus grande crainte en ayant écouté ces derniers jours Hollande, Moscovici, Leguen, d’autres encore, persuadés d’ailleurs qu’ils ont
déjà gagné, que la crise ne les regarde pas, que François Hollande a bien fait de ne rien dire au plus fort de la crise laissant les gouvernements du monde gérer, traiter et essayer de régler
celle-ci. Du reste, ce contraste est invraisemblable, entre un homme qui ne dit rien, ne fait rien et l’autre, Nicolas Sarkozy, qui avec ses alter ego du monde entier, tente de résoudre
cette crise épouvantable.
Cette situation me rappelle les déclarations intempestives que nous faisions, nous les Balladuriens, en 1994 et 1995, persuadés que nous allions gagner les élections ! Mal nous en a pris, Jacques
Chirac a gagné.
Certes, la Présidence de la République restait à droite, mais nous avions fait un péché d’orgueil. C’est vraisemblablement ce qui se passe au niveau des socialistes d’autant plus qu'ils sont
maintenant ramenés à la réalité non seulement par la dette mais aussi par les exigences des écologistes, des alter mondialistes, du front de gauche et de tant d’autres.
Je n’ose même plus parler d’une « Union sacrée » pour défendre notre économie face à la crise. Cette union possible partout ailleurs se heurte en France au sectarisme de nos socialistes trop
éloignés de l’intérêt du pays pour l'envisager.
A les entendre, à les voir, à les lire ils ne pensent qu’à une chose, se distribuer des postes non seulement ministériels mais également au sein de l'Assemblée nationale : « Ségolène Royal ? Au
perchoir ! Michel Sapin ? Aux finances ? X, Y ou Z ? Tel ou tel « maroquin » ! Combien pour les écologistes ? 15 députés dans des circonscriptions gagnables !
Voici venir le front de gauche, NPA, d’autres encore. Bon appétit, messieurs ! Mais je crains fort que la soupe ne soit pas prêt chaude !
Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris