Economie et social | Ajouté le 22.06.2011 à 11H07
Nous sommes dans la nasse !Quoique l’on fasse l’issue est mauvaise.
Aider la Grèce à s’en sortir, première des hypothèses va coûter cher aux contribuables français, plusieurs milliards d’Euros, tant par l’argent donné que par les pertes des banques françaises.
Cette aide aussi nécessaire soit-elle, sera un précédent pour les autres pays comme le Portugal, l’Espagne, d’autres encore. Cette solidarité risque d’entraîner les pays solvables et sérieux vers
de grandes difficultés, tandis que les citoyens ne comprendront pas les efforts supplémentaires qu’ils devront fournir.
Laisser la Grèce s’effondrer n’est pas non pus une bonne solution. Elle entrainerait d’autres pays dans sa chute, déstabiliserait toute la zone Euro. Même si elle finirait par en sortir, c’est
toute l’Europe qui serait atteinte.
Et pourtant ! La Grèce est responsable de ses malheurs. Elle a truqué ses comptes pour entrer dans la zone Euro. Ses habitants trichent tellement qu’une majorité ne paie pas d’impôt,
l’économie souterraine est florissante… Comment dès lors payer pour elle ? Néanmoins, il n’y a pas d’autres choix, si nous voulons préserver l’Euro, l’Europe et l’équilibre mondial.
Préserver l’Euro. La Grèce et d’autres pays expulsés de l’Euro, celui-ci risquerait de disparaître. C’est toute l’économie de l’Europe qui en pâtirait. Le retour aux monnaies nationales
occasionnerait un coût extrêmement important. Rien qu’en France notre dette déjà énorme serait multipliée par presque 7 ! Il faudrait dévaluer fortement et, du reste, cette hypothèse
catastrophique n’est pourtant pas totalement écartée. L’Europe ne survivrait pas à la perte de l’Euro, au repliement sur soi, à la fermeture des frontières, l’égoïsme national serait de retour
avec les drames, les conflits…
Le monde n’irait pas mieux, au contraire. En effet les Etats-Unis traversent eux aussi une période tendue avec un dollar faible, une dette énorme, et une compétitivité battue en brèche..
Une telle aggravation de la criseassurerait le triomphe de la Chine, qui est déjà présente en Europe (achat du Pyrée, de tant d’entreprises, prêts à tous les pays européens). La Chine est
détentrice de milliards de prêts européens et américains. Nous serions à a remorque d’un monde qui verrait les Etats-Unis se refermer sur eux même, l’Afrique et l’Europe sous perfusion et sous
contrôle de la Chine.
Il n’y a donc que de mauvaises solutions. Tant qu’à en choisir une, choisissons la moins mauvaise. Aidons la Grèce mais sous conditions. Il n’est plus question d’être le "dindon de la farce". La
solidarité, oui, mais avec l’effort de ceux qui vont en bénéficier .
Comme j’ai pu l’écrire, ce n’est pas le moment pour l’Europe de s’agrandir à d’autres pays comme les technocrates le veulent ! Nous sommes déjà trop nombreux !
Pr. Bernard Debré
Ancien Ministre de la Coopération
Député de Paris