Il y a quelques semaines, ici, sur mon site, j’ai parlé de la guerre économique que se livre le
monde. Cette guerre va être terrible. N’en doutons pas. Elle est autant due à l’incapacité des Occidentaux à anticiper (donc à se préparer), qu’aux pays émergeants qui l’ont largement
intégrée.
L’Occident est englué dans ses propres problèmes sociétaux.
- Egalitarisme : tuant les élites donc la recherche et le développement technologique.
- Egocentrisme : imaginant que sa prééminence est un acquis définitif, donnant des leçons à tous, jugeant le monde entier, s’abritant derrière les droits de l’Homme pour condamner sans se
regarder soi-même.
- Faiblesse idéologique, hésitation encore et toujours entre un socialisme désuet, terriblement à la mode dans certains quartiers « branchés » et un libéralisme égoïste de bon aloi dans certains
autres.
- Faiblesse économique en creusant les déficits d’Etat, régionaux tout autant que sociaux. Bref, une basse époque occidentale qui satisfait tant nos édiles politiques que nos élites
philosophiques.
Tandis que les pays émergeants, aux premiers rangs desquels, la Chine et l’Inde, empruntent un tout autre chemin. Leurs universités sont parmi les plus performantes, leur recherche est la
meilleure, le travail y est une valeur sure, ils n’ont pas de déficit, ni d’Etat ni sociaux, bref ils sont conquérants. D’ailleurs, les Occidentaux se précipitent chez eux pour tenter de leur
vendre des produits (Airbus, EPR…), mais acceptent un transfert de technologie qui obère le futur. Dans quelques années, ces pays émergeants pourront eux-mêmes assimiler les hautes technologies
et peut-être un jour nous les vendre. Nous les achèterons alors avec l’argent qu’ils nous auront prêté.
Il est difficile de se faire entendre, aussi bien de la classe politique que des Français. Nous sommes occupés à juste titre de notre confort pour les uns, par le chômage pour les autres. C’est
vraisemblablement la rançon de notre insouciance depuis tant et tant d’années.
Il faut en même temps surmonter la crise et préparer l’avenir. C’est une conjoncture bien difficile mais le Président, même s’il est critiqué, a néanmoins réussi à éviter trop de dégâts. Il faut
continuer les efforts, pratiquer la vertu économique, éviter les appétits excessifs de certains, encourager les autres, se préoccuper des plus pauvres.
Que de travail pour tenter de maintenir la tête hors de l’eau.
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris