Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

Publicité

La mise en examen du Président Sarkozy

Divers | Ajouté le 25.03.2013 à 17H58
Reuters
Je ne suis pas de ceux qui prétendent qu’il existe un complot national des juges contre la droite, mais il y a toutefois quelques concomitances de faits qui peuvent être troublantes.

Jérôme Cahuzac a été forcé de démissionner (bien qu’il ne soit pas mis en examen). Cette démission était dans l’air depuis un mois ou deux.

Madame Andrieux, député des Bouches-du-Rhône, a été jugée (sans que la sentence ne soit encore connue) pour des faits graves. Elle risque une inéligibilité et une amende. A Paris, Madame Flam est vraisemblablement sous le coup d’une accusation grave de détournement de fonds.

Alors, les juges ont décidé de perquisitionner l’appartement de Madame Lagarde et peut-être de « se faire » l’ancien président de la République en le mettant en examen. On a l’impression (loin de moi l’idée de dire que c’est la vérité) que chaque fois qu’un homme de gauche tombe sous le coup de la loi, immédiatement, certains juges d’instruction cherchent à mettre en cause un homme de droite.

La justice en France serait-elle malade ? Certainement pas, mais voici quelques faits troublants.

Madame la juge Bertella-Geffroy a été démise de ses fonctions alors qu’elle venait de placer Martine Aubry en examen pour le problème de l’amiante. Certes, Madame Bertella-Geffroy avait été sur le même dossier pendant 10 ans, mais elle avait demandé à y rester pour clore l’affaire.

Je me souviens de l’histoire qui est arrivée à Michel Roussin en 1994. Il a été mis en examen, forcé de démissionner à la demande d’Edouard Balladur, je l’ai remplacé. Le jour même de la passation de pouvoir, le juge Halphen a décidé de perquisitionner le ministère. Il décide de venir à 17 heures. J’ai été un peu surpris que l’on veuille perquisitionner un ministère ! A 16h45, la presse arrive dans la rue. Vous imaginez bien que ce n’est pas moi qui l’ait convoquée, mais bien le juge Halphen. Ce juge entre dans mon bureau, demande à visiter les appartements du ministère. Malheureusement pour lui, il n’y a pas d’appartements !

Il est allé néanmoins « fouiller » une sous-pente, une pièce de débarras. Il n’y a rien cherché car il n’y avait rien à trouver. Il est resté néanmoins suffisamment longtemps pour que ce soit crédible, puis il est sorti du ministère brandissant devant les journalistes une mallette vide faisant croire qu’elle était bourrée d’informations. Cette attitude était honteuse et je le lui ai dit. Quelques mois plus tard, Michel Roussin a bénéficié d’un non-lieu et le juge Halphen s’est présenté sous l’étiquette socialiste aux élections législatives qui ont suivi. Heureusement, il a été battu (pour aller plus loin sur ce sujet, lire la lettre ouverte que j'ai écrite à Eric Halphen, en mars 2002, et publiée dans Le Figaro)

N’oublions pas l’histoire de Madame la juge Prévost-Desprez qui, elle aussi mise en examen, a écrit un livre sur l’instruction qu’elle avait menée à l’occasion de l’affaire Bettencourt. Drôle et curieuse façon d’agir pour un juge ! Dans son livre, elle prétend qu’un témoin lui a dit qu’elle avait entendu dire que Nicolas Sarkozy avait reçu de l’argent. Cette affirmation a fait l’effet d’une bombe, mais très vite, après la parution de ce livre, ce témoin a été interrogé par la presse et a nié absolument avoir tenu ces propos à Madame la juge Prévost-Desprez !

Je ne suis pas là pour mener l’instruction à l’occasion de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, mais je suis assez surpris pour ne pas dire révolté par l’action de certains juges en particulier dans cette affaire.

Imagine-t-on d’ailleurs Nicolas Sarkozy allant chercher de l’argent chez Madame Bettencourt en catimini, le mettant dans une valise qu’il va cacher sous le manteau alors qu’il était ministre de l’Intérieur. C’était à l’époque peut-être l’homme le plus surveillé de France ! D’ailleurs il n’est pas mis en examen pour le financement de sa campagne, mais pour abus de faiblesse. Il s’agit donc pour le juge d’affirmer que lorsque Nicolas Sarkozy est venu voir Monsieur Bettencourt en 2007, il a rencontré Madame Bettencourt pour lui demander de l’argent. Cette affirmation ne tient absolument pas. En effet, l’abus de faiblesse a été déclaré, décrété et reconnu en 2011 et je ne vois pas comment il est possible de faire la médecine rétroactive, d’autant que le Professeur Agid, reconnue dans le monde entier comme l’un des meilleurs neurologues, avait examiné quelques mois auparavant Madame Bettencourt et avait affirmé qu’elle était saine d’esprit.

Cette accusation ne tient pas pour deux raisons. La première, Nicolas Sarkozy, comme le montrent ses carnets de rendez-vous, n’a été reçu qu’une seule fois dans la maison des Bettencourt pour voir André Bettencourt. Il n’avait pas de rendez-vous avec Madame Bettencourt. Il s’agit donc rencontre classique et normale entre un homme certes fatigué, mais qui n’a jamais été déclaré en état de faiblesse. Deuxième raison, aurait-il croisé Madame Bettencourt en 2007, celle-ci d’après le juge Gentil était en état de faiblesse, qui, si je ne me trompe n’est pas neurologue et le Professeur Agid, lui neurologue, avait dit le contraire.

L’autre question est de savoir si Nicolas Sarkozy est d’avoir eu un ou deux rendez-vous. La grosse affaire ! Il n’a eu vraisemblablement qu’un seul rendez-vous inscrit sur le carnet journalier tenu par André Bettencourt et sur celui-ci tenu par Nicolas Sarkozy. Aucun autre rendez-vous n’est inscrit nulle part. Il est tout de même assez curieux que le juge puisse affirmer le contraire.

Revenant toujours sur l’abus de faiblesse, j’aimerais souligner que Madame Bettencourt, avant qu’elle ne soit déclarée en état de faiblesse, a bien donné à sa fille tous ses avoirs, a payé les avocats sans que personne n’y voit quelque chose à redire. Elle était donc en 2010-2011 considéré comme saine d’esprit !

Je suis donc perplexe devant ce motif de mise en examen, perplexe et troublé car le juge Gentil, un très bon juge vraisemblablement a signé une pétition critiquant violemment la politique de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était président de la République. Il faut dire que cinq jours après cette pétition publiée dans Le Monde, il a ordonné une première perquisition chez l’ancien président. Concomitance vraisemblablement fortuite.

Voici donc notre République secouée par des soupçons. Les juges sont indépendants. Il y a certainement aucune relation entre la politique et les mises en examen. Toutes ces affaires sont normales ! Puisque personne n’a le droit dans notre République de critiquer un juge. Il est tout de même curieux d’ailleurs que les juges puissent critiquer les politiques comme l’a fait le juge Gentil dans les journaux, mais que nous n’ayons pas le droit de répondre ! Où est passé le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous ? Dans cette affaire, il y a de quoi s’indigner très largement.

Les socialistes sont dans une situation dramatique et bien entendu, comme ils sont au pouvoir, ils entrainent la France dans le gouffre le plus profond. Ils deviennent arrogants, haineux et vont tout utiliser pour discréditer l’Opposition. Cette histoire de mise en examen est angoissante, irritante, révoltante. Bien entendu, je ne critique pas là la magistrature car le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, ne l’accepterait évidemment pas !


Pr. Bernard DEBRE

Ancien Ministre de la Coopération
Député de Paris
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article