Madrid et Barcelone, Rome et Milan, Londres, Lisbonne ou Athènes, ces villes ont toutes été le théâtre de
grandes manifestations contre les politiques d'austérité due à la crise économique.
Taux de chômage en hausse, pauvreté, déficits en tous genre, l’Europe va mal et pourtant certains pays s’en sortent mieux que d’autres, l’Allemagne, le Bénélux et la France…
La France! Elle est tant décriée actuellement par les Français eux-même, et pourtant!
Le chômage régresse, faiblement mais il régresse. La protection sociale est forte, permettant pour l’instant à ceux qui sont touchés par la crise de « survivre », et les retraites par répartition
sont sauvées pour quelques années malgré les manifestations importantes qui ont suivi. Oui, la France s’en sort.
L’Europe est divisée en deux: pays en « révolution » et pays en« évolution ». La tentation est grande de se replier sur un nationalisme étroit et déjà dans beaucoup de pays les
nationalistes gagnent du terrain, occupent des postes importants. Attention, si les solidarités s’estompent l’Europe va éclater et l’euro disparaîtra, les conflits apparaîtront et nous
reviendrions à la situation du XIXème siècle ou du début du XXème.
Cette fragilité nous impose de la prudence quitte à ce que notre « évolution » soit ralentie pour éviter les « révolutions » ailleurs.
Le programme socialiste est dramatique car irréalisable. Promesses en tout genre, démagogie folle. Mis en oeuvre, il pourrait provoquer ce clivage européen, aggravant la crise et cassant
l’Europe, entraînant peut-être la révolution en France.
Quand, en plus, le contexte international est fragile et dangereux, la prudence doit être multipliée par deux ou dix. La tentation de repli serait plus forte, les guerres plus probables.
Les Français sont pessimistes mais sont-ils lucides? Qu’ils regardent à côté d’eux, même s'il reste des efforts à fournir et des inégalités à supprimer.
La révolte gronde aux frontières. Attention à ce qu’elle ne submerge pas notre pays.
Pr. Bernard Debré
Ancien Ministre
Député de Paris