Quand un singe grimpe sur un arbre, la première chose que l’on
voit, c’est son postérieur. Il s’agit là d’un proverbe africain qui s’applique bien à certains hommes de gauche (voire certains de droite).
Quand Monsieur Harlem Désir réclame un référendum sur la moralisation de la vie politique, on tombe des nues. N’oublions quand même pas qu’en 1998, Monsieur Désir
a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 30.000 F d’amende pour recel d’abus de confiance. Il s’agissait d’un emploi fictif comme formateur dans une association lilloise entre 1986 et
1987. Il était alors président de SOS Racisme.
Faut-il ajouter que Monsieur Cambadélis, qui était candidat au même poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, a été condamné en 2006 à 6 mois de prison avec
sursis et 20.000 € d’amende puisqu’il avait été rémunéré par une mutuelle proche du PS entre 1991 et 1995 à la hauteur, tenez-vous bien, de quelques 620.500 F au titre d’une activité fictive ?
Mais, ce même député, décidément, avait été condamné en 2000 à 5 mois de prison avec sursis et 100.000 F d’amende pour un emploi de complaisance entre 1993 et 1995 dans une société gestionnaire
de foyers de travailleurs immigrés, dirigée par un ancien cadre du Front national ! Quand on dit que l’argent n’a pas d’odeur…
Alors, un référendum ? Evidemment, non ! Il s’agit en réalité d’appliquer désormais les lois qui existent. Nous en avons des quantités sur la moralisation de la
vie politique. Quand quelqu’un veut voler, vous pouvez faire toutes les lois que vous voulez, il volera. Quand quelqu’un veut mettre de l’argent frauduleusement en Suisse, il ne va pas l’avouer
quand on le lui demandera. Monsieur Cahuzac avait eu à remplir, lorsqu’il est devenu ministre, un document contenant la question explicite : « détenez-vous un compte à l’étranger ? » Il a
répondu « non ». Il faut bien entendu faire en sorte que les hommes politiques de tout bord soient irréprochables.
Ne mélangeons pas, en revanche, les condamnations qui peuvent survenir pour d’autres raisons, comme Monsieur Montebourg, condamné pour atteinte à la présomption
d’innocence à l’encontre de Monsieur Guérini. Il ne s’agit pas du tout d’une condamnation sur le même registre. Elle n’est pas embarrassante. Elle est « normale » pour un politique même s’il
faut parfois moduler son langage. Mais Messieurs Désir, Cambadélis, Kucheida, Guérini, d’autres encore, à Paris ou ailleurs, ont été mis en cause pour des choses bien différentes.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris