Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle
Publié le 15/10/2010 à 13:11 Le Point.fr
MOBILISATION
Les Jeunes UMP lancent des opérations séduction dans les lycées
Par Ségolène Gros de Larquier
La mobilisation des lycéens contre la réforme des retraites prend de l'ampleur dans toute la France © Sipa
Devant le lycée Chaptal à Paris, des élèves remettent en place une série de poubelles vertes. Le bruit des vuvuzelas s'estompe, le blocus de l'établissement est levé. Ce lycée du 8e arrondissement fait partie des 340 perturbés jeudi - selon les chiffres du gouvernement - dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites. À peine informé de ce retour au calme à Chaptal, le président des Jeunes Populaires de l'UMP Benjamin Lancar décroche son téléphone. Pour la seconde fois de la semaine, rendez-vous est pris avec une dizaine de militants pour aller tracter devant la sortie du lycée.
Alors que la mobilisation des jeunes prend chaque jour de l'ampleur, le patron de la branche cadette du parti majoritaire est sur le qui-vive. "On
n'est pas là pour faire de la provocation pendant les blocages des lycées. Notre job, c'est d'expliquer cette réforme aux jeunes", explique-t-il. Alors, quand à 16 h 30, la sonnerie déverse sur
le trottoir des poignées de lycéens et d'étudiants en classes préparatoires, les Jeunes Pop sont au rendez-vous, tracts à la main. Bardés d'autocollants bleus scotchés sur leurs vêtements, ils
lancent à tout-va : "Si vous voulez parler de la réforme des retraites ! N'hésitez pas !" Si les flyers partent vite, les élèves semblent excités plus par le nuage de caméras et les micros tendus
par les journalistes que par la réforme des retraites. Assise sur une barrière, Mélissa, une jeune fille brune venue d'un lycée voisin, fait la moue : "Je ne me sens pas vraiment concernée par
cette réforme. Ma retraite me semble si loin !" Judith, étudiante en hypokhâgne, renchérit : "Politiquement, je ne suis pas encore très fixée. En revanche, je suis contre les blocages. Je veux
aller en cours !"
Cartes de visite
L'opération de tractage plutôt bon enfant est soudain interrompue par la proviseure du lycée, furieuse de ne pas avoir été
prévenue. "Cela me gêne qu'on appelle des jeunes à manifester, mais aussi que l'on tracte sans mon autorisation", lance Annick Bouvier aux militants. "Sans compter qu'entretenir ce trottoir nous
coûte 15.000 euros par an", soupire-t-elle en jetant un regard aux tracts jonchant le sol. Conciliant, Benjamin Lancar déplace ses troupes de quelques mètres symboliques afin de poursuivre son
opération séduction. Poignées de main faciles et tutoiement de rigueur, le chef de file des Jeunes Pop engage le débat avec trois garçons de première ES, organisateurs du blocage du lycée : "Vous
savez, la réforme des retraites, ce n'est pas un kiff (plaisir, ndlr), mais c'est utile pour le pays et pour nous les jeunes. Nous ne voulons pas être la génération sacrifiée !" Vuvuzela à la
main, l'un des trois jeunes, prénommé Luca, réplique : "OK pour une réforme ! Mais il faut mieux prendre en compte la pénibilité du travail. C'est notamment pour cela qu'on manifeste et qu'on
bloque les lycées."
À grand renfort de petites tapes dans le dos, Benjamin Lancar distribue ses cartes de visite aux lycéens : "Voilà mon numéro, si vous voulez organiser un débat sur les retraites au lycée,
appelez-moi !" Les trois élèves de première ES ont prévu de se joindre aux prochaines journées de manifestation contre la réforme, le samedi 16 et le mardi 19 octobre. De leurs côtés, les Jeunes
Pop devraient organiser des opérations séduction tant que la mobilisation des jeunes durera. Relayant les propos de ses aînés en politique, Benjamin Lancar insiste : "La jeunesse est fortement
instrumentalisable par la gauche. Appeler les jeunes à manifester, c'est inacceptable."