Société | Ajouté le 26.01.2012 à 18H36
A regarder de près le programme de François Hollande, il n’y aura donc plus
de politique familiale. Certains l’avaient laissé entendre, il y a quelques semaines : le quotient familial devrait disparaître tout comme le quotient conjugal.
Sur le plan fiscal, nous reviendrons une nouvelle fois des décennies en arrière. Moteurs de la politique familiale, ces deux quotients sont pourtant dans le viseur
de François Hollande. Qu’a-t-il donc contre la famille ?
Car il est paradoxal d’entendre le candidat socialiste nous dire que les enfants sont notre éternité, notre relève, que tout ce que nous devons faire aujourd’hui
sera pour nos enfants et, d’un autre côté, casser la politique familiale. C’est le signe de l’incohérence.
Les socialistes n’ont jamais été favorables à la famille. Ils en donnent une nouvelle fois l’exemple alors que, dans ce monde ouvert, ce monde de compétition, la
famille est un atout. Je parle de la famille avec des enfants même si je ne critique pas celles et ceux qui ne sont pas mariés, ne veulent pas d’enfant, sont « pacsés » ou vivent toute
autre forme de concubinage.
Mais il n’en reste pas moins que nos enfants et leur nombre sont les témoins de la vitalité d’une nation. Regardons certains pays dont la natalité baisse. Je prends
l’exemple de la Russie. Certes, il s’agit d’un pays développé, mais c’est un pays qui ne croit plus en lui. L'espérance de vie y est faible (à peine 69 ans contre plus de 81 ans pour la France),
la natalité décline et la population russe perdra des millions d’habitants d’ici 10 ou 20 ans. Elle risque d’être rayée de la carte si rien n’est fait auparavant.
Depuis la Libération, la politique familiale a été l'un des joyaux de notre pays. Elle a été confortée, confirmée en 1958, 1959 et jusqu'à aujourd’hui, elle montre
son action tout à fait remarquable : nous sommes le seul pays en Europe à avoir une progression de notre population grâce à une forte natalité. En adoptant le projet socialiste, c'est la mort
annoncée de notre pays ou, au minimum, la fin de la politique familiale et l'annonce du déclin.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris