A écouter les lieutenants du candidat François Hollande, les enseignants
ne sont pas attirés par l’argent. Pour Monsieur Peillon, il n’est donc pas nécessaire de les augmenter !
Certes, en créant 60 000 postes et n’ayant pas d’argent pour payer tout ce « beau monde », il est préférable de les prévenir auparavant : « vous avez une vocation,
il n’est pas utile d’être augmenté ». Il s’agit là d’une attitude très particulière, mais assez socialiste si l’on y réfléchit bien. Les médecins, les infirmiers et infirmières, les
enseignants, peut-être d’autres encore, ne sont là que par vocation et l’attrait de l’argent est un péché incroyable. D’ailleurs, François Hollande a décidé qu’il allait combattre la
finance.
Tous ceux et celles qui, jeunes, ont envie de réussir et, par là, gagner de l’argent, deviennent quasiment des délinquants ! Il s’agit d’une sorte d’égalitarisme à
la française, à la socialiste, mais mode « Europe de l’Est ».
Attention, cependant, car il existe une autre analyse faite, cette fois-ci, par Bruno Julliard. Cet étudiant permanent, ancien responsable syndical, a prévenu
qu’il n’y aurait plus d’internat d’excellence. Il n’est pas bon d’être billant dans l’ère socialiste. Oublions la compétition internationale, les diplômes que l’on peut obtenir et qui font
quelquefois la différence pour chercher une meilleure opportunité, travailler mieux et peut-être, aussi, gagner mieux. Terminés ces internats d’excellence ; il faudra les fermer, revenir à
l’unité, l’uniformité, oserai-je dire, la médiocrité ?
Il faut regarder les choses en face : depuis des années et des années, notre enseignement n’est pas de qualité. Le taux d’illettrisme est incroyable en 6ème. Le
niveau de nos écoles ou de nos universités est mauvais par rapport à celui du monde entier. Nous avions et nous avons commencé petitement, mais sereinement, à accorder l’autonomie aux
universités françaises, autonomie qui n’est pas encore complète et qui devra l’être pour entrer en compétition avec les établissements du monde entier. Il faudra aussi, progressivement, donner
l’autonomie aux lycées… Plus simplement, il est indispensable de supprimer cette espèce de chape de plomb pesant sur notre enseignement.
Oui, il faudra vraisemblablement se tourner vers des écoles, des universités, des collèges plus autonomes qui pourront avoir leur propre programme dans le cadre de
ce qui sera fixé assez largement par l’Education nationale, mais de grâce, que l’on casse cette médiocrité qui existe et s’abat sur la France.
N’oublions jamais que moins nos écoles et nos universités seront performantes, plus les étudiants favorisés partiront ailleurs (au Royaume-Uni, aux Etats-Unis,
voire même en Belgique ou en Suisse). Réveillons-nous ! N’acceptons pas ce retour en arrière non pas de 10 ans, mais de 50 ans, du programme socialiste prônant, dans ce domaine, le socialisme
le plus rétrograde et le plus absurde. Manifestons notre volonté d’être les meilleurs afin d’entraîner à la suite la totalité des étudiants, des lycéens et des collégiens français.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris